法国《回声报》刊出:中国改变世界还是世界改变中国?(附法文)

Dinghui 发表于 2005-04-06 07:03:12

法国《回声报》刊出:中国改变世界还是世界改变中国?(附法文)

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中新社北京4月4日电 (记者 王岩)今年二月,一本名叫《当中国改变世界的时候》的书在法国引起关注,迅速登上法国畅销书排行榜,有人称该书的观点为“善意的中国威胁论”;不久,一篇名为《当世界改变中国的时候》的文章在法国《回声报》刊出,就前者提出的问题作出解释,文章的副标题是:一个中国人的回答。

今天,两文作者法国《回声报》副主编埃里克·伊兹拉莱维奇先生和中国外交学院院长、前中国驻法大使吴建民在北京就各自的观点进行探讨。

中国经济发展给世界带来不稳定因素?

伊兹拉莱维奇先生在书中惊叹,中国苏醒了,世界震动了,在人类历史上从来没有一个十三亿人口的国家能有如此快速地增长!他担心,中国这个占世界人口百分之二十的国家的经济发展会成为世界的不稳定和动荡因素。他认为中国发展涉及世界经济的各个领域,其廉价劳动力、廉价商品及大量的原材料采购等对世界的影响是多方面的。

吴建民院长则指出,中国在世界上购买原材料的确在增多,但原材料价格上升并不只是中国的原因,不应把一切责任归结到中国身上。而且,欧洲人要看到,中国经济增长也给欧洲带来不少机遇,在中国,商品出口公司大部分是跨国企业,这在某种程度上促进了欧洲的发展,同时也给欧洲创造就业条件,他举例说仅法国EDF与中国合作就在法国创造了一万个就业机会。目前中国和欧洲面临重大的合作机遇。

吴建民还指出,中国经济是在发展,但其经济增长是与世界分享的。二00三年中国经济总量占全球的百分之三点九,但数据表明中国拉动世界经济的贡献是百分之十七点五。

伊兹拉莱维奇承认,中国的经济活力是世界经济稳定的重要因素。他指出,二十世纪初的股市崩溃、与因特网相关产业泡沫的破灭及“九·一一”事件等给世界经济发展加入众多不安全因素,若没有中国,世界经济就会走向萧条,中国这个强大的发动机在给世界经济鼓劲。伊兹拉莱维奇说,我知道中国是希望回到世界强国之中,中国的分量和人口规模及经济崛起使其在世界上的分量越来越重,为捍卫自己的经济利益,他需要在世界上加强自己的影响,但中国没有殖民化和统治世界的倾向。

“中国一千多年都没有寻求世界霸权,为什么今天要寻求?”吴建民则从历史的观点阐述自己的观点,他认为,历史是很能说明问题的,中国文化五千多年没有中断,是世界上唯一没有中断的文明,其原因就是中国有很强的包容性,中国更想与其他国家一同“双赢”,并不想统治世界。

中国面临中央集权和市场经济的矛盾?

伊兹拉莱维奇先生认为目前中国面临社会、金融、生态及政治等多方面风险。中国迟早都会面临中央集权和市场经济的矛盾。

吴建民院长则不同意伊兹拉莱维奇先生的观点,他引述邓小平的话说,市场和计划都是工具,资本主义国家和社会主义国家都可以用。他认为,西方人常用他们的眼光看中国,但文化多样性使世界上没有放之世界皆准的模式,中国发展有自己的独特形式,而且事实证明是正确的。他指出,任何一个国家的民主都是渐进的,由社会发展程度,人民受教育程度等决定,中国人生活好坏和社会前进还是后退才是判断中国是否面临矛盾的标准。

伊兹拉莱维奇先生最后解释,他书中的种种分析并不是对中国的发展感到威胁,中国经济崛起对而言世界是好消息,但要看到其进程中存在机遇和风险。他希望欧洲也能动起来,加快经济发展,增强自己的声音,与中国建立更好的关系。

Quand la Chine change le monde : la réponse d'un Chinois [ 16/03/05 ]


WU JIANMIN

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Quand j'étais ambassadeur à Paris, je lisais souvent les articles d'Erik Izraelewicz (1). J'étais toujours frappé par la perspicacité et la profondeur de ses analyses. Il y a quelques semaines, à Davos, celui-ci a eu la gentillesse de me remettre son nouveau livre « Quand la Chine change le monde » (Grasset). Il y montre, d'une manière convaincante et des faits à l'appui, la montée en puissance de la Chine et rend hommage au leadership de Deng Xiaoping. Son approche originale et son langage plein d'images m'ont amené à lire son livre d'une seule traite et m'ont conduit aux quelques réflexions suivantes.


Il y a vingt-sept ans, quand Deng Xiaoping a mis au point une stratégie pour la modernisation de la Chine, il a beaucoup insisté sur l'ouverture et la réforme. Avec le recul, nous voyons mieux la sagesse et la vision dont il a fait preuve en mettant ces deux mots clefs ensemble. S'il a lié ouverture et réforme, ce n'est pas le hasard. Comme le dit Erik Izraelewicz, jusqu'en 1820 environ, la Chine était la première puissance économique du monde. Après la guerre de l'Opium, en 1840, la Chine s'est effondrée. Le PIB du pays représentait en 1820 le tiers du PIB mondial ; en 1949, il est descendu à moins de 1 %. A l'origine de cet effondrement, il y avait la fermeture du pays, comme l'avait fort bien diagnostiqué Deng Xiaoping. Si la Chine voulait se moderniser, il lui fallait s'ouvrir. Nous, les Chinois, savons à quel point cette ouverture est cruciale dans le processus de la réforme. S'il n'y avait pas eu d'ouverture, nous n'aurions jamais su quelles réformes mettre en oeuvre et comment les mener à bien.


Ouverture et réforme, ces deux mots clefs, ont conduit à des changements extraordinaires en Chine. Plus de 600 milliards de dollars ont été investis par des firmes étrangères. Ces investissements colossaux nous ont apporté de la technologie moderne, de la bonne gouvernance et un management performant. A cela s'ajoute la main-d'oeuvre chinoise abondante, qualifiée et d'un prix très compétitif. Presque toutes les grandes sociétés multinationales du monde y sont maintenant implantées. Voilà ce qui fait la compétitivité des produits fabriqués en Chine. Ce bref regard rétrospectif nous permet de voir que ce n'est pas la Chine qui change le monde, mais d'abord le monde qui change la Chine.


L'ouverture et la réforme ont débouché sur une croissance rapide et soutenue de l'économie chinoise, une amélioration nette et sensible des conditions de vie des Chinois, une forte compétitivité des produits fabriqués en Chine. Mais il y a toujours l'autre face. En France, de temps en temps, on manifeste contre une délocalisation qui provoque la suppression de dizaines ou de centaines d'emplois. Mais, en Chine, c'est beaucoup plus grave. Avec l'ouverture, les Chinois sont exposés à la concurrence des sociétés étrangères. Des dizaines de millions de salariés chinois ont perdu leur travail à la suite de la fermeture des milliers d'entreprises publiques qui n'étaient pas rentables. Pour ces chômeurs, il s'agit d'une épreuve terrible. Beaucoup de chômeurs ont été formés et ont retrouvé un emploi ; d'autres, de leur propre chef, ont créé des entreprises. Les chômeurs chinois ne sont pas contents, comme partout dans le monde, mais il n'ont pas tellement manifesté dans la rue parce qu'ils sont conscients que c'est le prix qu'il faut payer pour la réforme. Les entreprises qui fonctionnent à perte et qui ne se réforment pas sont condamnées à disparaître. C'est la loi de l'économie de marché. La réforme et l'ouverture sont populaires en Chine, les Chinois ont compris que, plus l'on réforme et plus le pays s'ouvre, mieux cela vaudra.


En réalité, ce que nous vivons en Chine, c'est la mondialisation. Qu'on le veuille ou non, la mondialisation, c'est un mouvement historique irrésistible. La clairevoyance de Deng Xiaoping, c'est qu'au lieu de la craindre et de fermer la Chine encore davantage il a ouvert les portes du pays et a voulu que, dans toute la mesure possible, il en profite, tout en acceptant les sacrifices nécessaires. Si aujourd'hui la Chine peut contribuer sensiblement à la croissance du monde, c'est d'abord parce que la mondialisation a changé la Chine. Et les changements que nous connaissons aujourd'hui ne sont qu'un commencement.


Erik Izraelewicz évoque dans son livre le jeu de « ciseaux chinois » dans lequel se trouve prise la France. Elle achète son énergie et ses matières premières à l'extérieur : celles-ci lui coûtent de plus en plus cher. Pour se les payer, elle vend son travail ; celui-ci lui rapporte de moins en moins. De mon point de vue, il n'est pas juste de parler d'un jeu de « ciseaux chinois » ; il s'agit du jeu de « ciseaux de la mondialisation ». S'il est vrai que le prix des matières premières monte, ce n'est pas à cause de la Chine. Les pays industrialisés consomment l'essentiel des matières premières du monde. La Chine en achète, mais ceux-ci en achètent beaucoup plus. Qui plus est, la guerre en Irak a beaucoup contribué à la flambée du pétrole. L'autre branche du ciseau, ce sont les produits fabriqués en Chine. Il n'est pas juste non plus de qualifier cette branche de « chinoise » : 60 % des exportations de la Chine sont réalisées par des multinationales implantées en Chine, dont beaucoup sont européennes, américaines et japonaises. Cette branche du ciseau est, elle aussi, internationale.


Lors de sa visite en Chine en octobre, le président Chirac a beaucoup parlé des opportunités créées par l'émergence de la Chine pour le partenariat franco-chinois et le partenariat euro-chinois. Il a parfaitement raison. Les atouts économiques de la France et de l'Europe coïncident avec les priorités du développement de l'économie chinoise (énergie, transport, aéronautique, environnement et agriculture). Les PME françaises et européennes ont une possibilité d'entrer en coopération avec leurs partenaires chinois. Face à la montée en puissance de la Chine, il ne faut pas agiter l'épouvantail du « péril jaune » - Erik Izraelewicz en convient. Ce faisant, on ne ferait que ruiner les opportunités de coopération entre l'Europe, la France et la Chine. On serait tous perdants. En revanche, si l'on saisit bien cette opportunité pour mettre en valeur l'immense potentiel de coopération entre la Chine et l'Europe, ce sera gagnant-gagnant.


Erik Izraelewicz cite enfin un propos entendu à Pékin sous le sceau de l'anonymat : « Si le XIXe siècle a été pour la Chine celui de l'humiliation, le XXe celui de la restauration, le XXIe sera celui de la domination. » Les Chinois ont-ils l'intention de dominer le monde au XXIe siècle ? Non, un « non » catégorique ! D'abord, l'idée de domination est contraire à la culture chinoise cinq fois millénaire. Pendant près de quinze siècles, alors que la Chine détenait presque tous les atouts technologiques et militaires, les Chinois n'en ont pas profité pour dominer le monde. Les Chinois sont ensuite un peuple très attaché aux leçons de l'histoire. Celle-ci nous montre que tous ceux qui ont prétendu à l'hégémonie ont mal terminé. En 1974, à l'Assemblée générale de l'ONU, Deng Xiaoping avait condamné l'hégémonisme et déclarait solennellement que jamais la Chine n'aspirerait à l'hégémonie. Si un jour il venait aux Chinois l'idée de vouloir dominer la planète, Deng Xiaoping a appelé par avance les peuples du monde à mettre à bas cette hégémonie. Dans les annales de l'ONU, c'était la première fois que l'on entendait une telle déclaration ! Ne jamais aspirer à l'hégémonie, voilà l'un des héritages que Deng Xiaoping nous a légués et que les Chinois respecteront scrupuleusement.



WU JIANMIN est président de l'Institut de diplomatie de Chine et ancien ambassadeur de Chine en France.
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最新评论

  • 2005-06-13 14:55:13 http://ybaobao.ycool.com/

    这是你翻的??
    我也不知道为什么你能很快掌握这么多语言,对于我来说,学一门英语就学得够呛了

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